le dicton dit que l’argent n’a pas d’odeur. grâce à aromanote, une nouvelle start-up valaisanne, cette maxime est bientôt de l’histoire ancienne. la banque nationale suisse (bns), qui vient de dévoiler le look des nouveaux billets helvétiques, est sur le point de signer un partenariat pour aromatiser ses nouvelles coupures. et bonne nouvelle : les arômes typiquement valaisans seront bien représentés ! ce contrat à sept chiffres permettra un développement rapide de la start-up, qui vient de s’installer sur le site technologique de phytoark à conthey. la création de nombreux nouveaux emplois est attendue d’ici deux ans.
les citoyens suisses ont rappelé au début mars leur attachement au cash, en acceptant un contre-projet du conseil fédéral sur l’argent liquide. a l’heure où la monnaie digitale prend de plus en plus d’importance, la bns est à l’affut de toutes les nouveautés. elle s’est ainsi naturellement approchée d’aromanote. « cela fait deux ans que nous développons notre technologie, suite à notre bachelor à la hes-so valais-wallis », rappelle corinne savioz, co-fondatrice.
grâce à l’intervention du valaisan jean-pierre roth, ancien président de la bns, les fondateurs d’aromanote ont pu présenter leur idée aux responsables de l’impression des nouveaux billets de banque. quelques mois plus tard, une proposition était sur la table de la jeune entreprise.
un billet validé par le pape de la raclette
« vu nos origines valaisannes, il nous paraissait logique de proposer des parfums qui rappellent notre canton. et soyons clairs, c’est chez nous que les odeurs sont les plus marquantes ! », précise antoine nasenloch, co-fondateur. ainsi, le billet de 10 francs sera parfumé à l’abricot et celui de 20 francs à la raclette aop du valais. « pour ce dernier, nous avons fait renifler le billet à edy baillifard, qui a approuvé l’odeur basée sur du bagnes 98 », selon corinne savioz.
le billet de 50 francs sentira le mélèze et celui de 100 francs la petite arvine, avec une légère note salée en fin d’odeur. « pour celui de 200 francs et de 1’000 francs, nous gardons le suspense. la bns souhaite organiser un évènement spécial à la fin de cette année pour présenter ces nouvelles odeurs ». un concours pour deviner ces deux odeurs restantes est d’ailleurs en cours sur le site de la bns.
l’odeur reste pendant 10 ans
la technologie développée par aromanote permet aux billets de garder une odeur discrète, mais constante pendant au moins 10 ans. « nous avons travaillé avec des huiles essentielles ultra-concentrées, que l’on ajoute directement à l’encre d’impression », précise antoine nasenloch.
les huiles ont été développées en partenariat avec l’institut de recherche mediplant et le laboratoire phytosphère swiss lab, tous deux basés à conthey. il était donc logique pour la start-up aromanote de s’établir sur le site technologique de phytoark, siège des deux partenaires.
une nouvelle expérience avec le cash
cette aromatisation des billets permettra d’embaumer les portemonnaies, mais surtout de faciliter la détection des faux billets. « c’est également une manière de renforcer l’expérience sensorielle du cash, et cet argument a fait mouche auprès de la bns ».
reste que de longs mois de travail attendent encore aromanote. le but est d’être fin prêt avec la technologie pour 2028, soit environ deux ans avant la sortie des nouveaux billets de banque. « nous sommes sereins et confiants », notent les deux co-fondateurs, qui s’apprêtent à embaucher plusieurs dizaines de personnes à conthey.
informations complémentaires : www.aromanote.ch